Scalpel et Matula | Actualité et réflexions - Scalpel et Matula
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Scalpel et Matula

 

Quelques photos de notre passage de novembre 2016 à la commanderie Saint Jean de Corbeil-Essones. Cette intervention se déroulait dans le cadre des animation intitulées « Mémoire d’une ville au cœur de la Grande Guerre« .

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Logo des animations de Corbeil

 La commanderie accueillait une exposition « De l’arrrière au front, Corbeil-Essonnes dans la grande guerre » réalisée en collaboration  avec l’association des Crapouillots du Bois des Chênes qui présentait une partie de leur collection. Nous avons installé notre stand à l’entrée de l’exposition et nous avons guidé les visiteurs à travers une découverte du service de santé aux armées durant la première guerre mondiale.

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Une vue d’ensemble de notre stand

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Le front, le ramassage, le triage et l’évacuation

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Chirurgie et traitement dans les ambulances et hôpitaux

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Le mur de photos : illustrer les conditions, le matériel et les équipes du service de santé

Lancette d’Ambroise Paré

13 Août 2017, Posté par scalpeletmatula.fr dans matériel

Au cours de l’animation que nous avions réalisé au musée de l’hôpital Notre Dame à la Rose à Lessines, à l’occasion de l’exposition « d’Ambroise Paré à Louis Pasteur », une pièce de reconstitution avait attiré notre attention. Il s’agissait d’un couteau d’amputation d’un modèle en « S » typique, à lame fixe, se rattachant à la tradition médiévale des couteaux d’amputation courbes (censés faciliter l’opération de section des chairs avant sciage de l’os).

Une recherche dans le facsimile des œuvres complètes du célèbre chirurgien nous a permis de découvrir l’application du même modèle, à une échelle plus réduite, pour la création d’une lancette (l’auteur parle de « Biftorie ») pliable (au contraire du couteau d’amputation), destiné à permettre l’opération de phlegmons situés dans l’arrière gorge du patient. Comme à son habitude, Paré décrit parfaitement le mode opératoire : ouverture de la bouche du patient avec un speculum oral, introduction de la lame dans la bouche et incision avec le bout de la lancette. La forme de l’instrument est effectivement bien adapté à passer au dessus du dos de la langue afin d’atteindre l’arrière gorge.

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Texte et dessin de l’ouvrage d’Ambroise Paré

Afin de reconstituer cet instrument, nous avons fait appel au savoir faire et aux connaissances historiques de deux « pointures » de l’artisanat de reconstitution historique : Alex Dubois (coutellerie nuage) pour la reconstitution du manche, et Gaël Fabre, forgeron qui avait déjà réalisé pour nous des copies de couteaux d’amputation, d’après des calques d’originaux appartenant aux collections du musée de la médecine de Paris.

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Alex et Gaël au Marché de l’histoire de Compiègne en 2017

Le problème de la reconstitution d’une pièce à partir d’un ouvrage ne précisant pas la dimension de l’objet, ou ne le représentant pas en utilisation, est le manque d’échelle. En l’absence d’élément de comparaison par exemple une partie du corps humain, la reconstitution se base sur l’utilisation envisagée et sur le principe de l’adaptation de l’outil à la main du praticien. A l’époque de fabrication de la lancette originale d’Ambroise Paré, il n’existe pas encore de production en série des instruments. Celle-ci ne prendra véritablement son essor qu’au 19ème siècle avec de grandes maisons comme Charrière (voir par exemple l’article de Jean-Philippe Bucas dans le numéro de septembre 2014 de Clystère). De fait la dimension de la lancette est calculée pour tenir confortablement dans la main de Dame Clotilde.

Pour le choix des matières, nous avons opté pour le manche pour de l’ivoire (de mammouth), matériau communément utilisé pour des instruments de chirurgie, et cohérent avec la finesse de gravure attendue. Alex Dubois s’est chargé de cette partie du projet, réalisant une première pièce avec un manche fabriqué en plusieurs plaquettes rivetées, puis une seconde pièce avec un manche plein. Cette deuxième solution nous a paru plus en adéquation avec l’utilisation de l’instrument et des exemples d’autres instruments apparentés visibles en collection. Pour la lame, Gaël Fabre a proposé un acier feuilleté, technique communément utilise à l’époque afin d’obtenir des lames résistantes et conservant un bon tranchant à l’usage.

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A gauche, prototype avec plaquettes assemblées, à droite version à manche plein

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Lancette finale. L’instrument est parfaitement adapté à la main du praticien pour lequel il a été conçu.

Un grand merci à Alex et Gaël pour leur implication dans ce projet qui a abouti à une magnifique reconstitution de la lancette d’Ambroise Paré. Il vient enrichir notre collection multi-époques d’instruments de médecine et chirurgie.

Une année bien remplie

En ce début 2017, c’est le moment de faire un petit retour en images sur les animations de l’année passée, une année bien occupée un peu partout en France, avec un petit détour en Belgique :

En février deux animations en région parisienne et dans la banlieue de Bruxelles pour présenter aux élèves de collège et lycée la médecine médiévale, la médecine du temps de Louis XVI et enfin la médecine pendant la Grande guerre, avec un parallèle de la situation Belge et de celle de la France… et un constat de même impréparation de part et d’autre.
En juin, la fête des templiers à Chateaubernard, près de Cognac.
En juillet et août, les animations des mercredis de la Reine à Chinon.
En septembre, les Journées Européennes du Patrimoine, au château de Chevreuse en région parisienne, puis les Virades de l’espoir au même endroit ; enfin l’animation autour du jardin médiéval de Crosne dans l’Essonne.
En octobre, une journée au moyen age à Théméricourt, dans l’Oise.
En novembre, animation à Corbeil-Essones sur le service de santé de 14-18.

Les mercredis de la Reine

Pour commencer ce retour en détails et photos : les mercredis de la Reine, qui ont eu lieu à la forteresse royale de Chinon dans le cadre des animations autour du parcours 2016 « 24 heures de la vie d’une Reine », les 27 juillet, 3, 10 et 17 août. L’animation mettait à l’honneur la reine Marie d’Anjou, épouse du roi Charles VII et mère de Louis XI, qui s’installa dans le château à compter de 1454.

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A coté de la médecine médiévale, de la chirurgie et de l’apothicairerie, les mercredis de la Reine ont été l’occasion de faire découvrir aux visiteurs un pan caché de la culture médiévale, à travers la cosmétologie et les soins de beauté.

La cosmétologie médiévale

  • Disparition et réapparition

Si cosmétologie et soins de beauté sont très présents dans la culture de la Rome antique, le faible nombre de sources relatives à ces domaines au cours du haut Moyen Age suggère qu’ils ne sont pas, ou très marginalement, utilisés à cette période. Par contre, les sources réapparaissent au XIIème siècle, avec plusieurs ouvrages composés à Salerne, dans la fameuse école de médecine. A coté des Catholica magistri Salerni, on trouve les deux ouvrages attribués à Trotula, une femme médecin : le premier souvent nommé Trotula Major et intitulé De passionibus mulierum, traite des maladies des femmes et des problèmes liés à l’accouchement ; le second, ou Trotula Minor, est un traité de cosmétologie à part entière. Intitulé « l’ornement des dames », ou Ornatu mulierum, il est souvent associé au premier ouvrage (accompagné d’un troisième texte de Trotula).

  • L’influence des auteurs de langue arabe

Le Trotula minor  ouvre la voie à de nombreux autres ouvrages, decoratio ou ornatus, et il sera semble-t-il, largement exploité par les auteurs ultérieurs. Les ouvrages correspondant (ainsi que le Trotula) dénotent une influence des auteurs de langue arabe, dont les écrits sont rendus progressivement disponibles par des traductions latine grâce au travail de lettrés tels que Constantin l’Africain (1020-1087) à Salernes puis Monte cassino, ou Gérard de Crémone (env. 1114-env. 1187) en Espagne. Rappelons que ces mêmes auteurs de langue arabe ont précédemment eux-même bénéficié des traductions des œuvres des écrivains antiques grecs et latins par les nestoriens (en syriaque puis arabe), de sorte qu’à compter des VIIIème/IXème siècles, ils enrichissent l’héritage antique de leurs propres expériences.

Cette influence arabe dans les traités occidentaux de cosmétologie est manifeste avec des éléments repris d’auteurs comme Rhazes, Avicenne ou Al-Magûsi. Elle est aussi exposée dans les textes. Citons à titre d’exemple un Ornatus mulierum du XIIIème siècle, d’origine Anglo normande et distinct du texte de Trotula, qui cite comme sources de connaissances, une dame Trote de Salerne et aussi une dame sarrazine de Messine « médecin des gens de sa religion [qui] eût été une femme de grande valeur si elle avait eu la vraie foi« .

  • La cosmétologie, domaine du chirurgien

Assez curieusement, pour nos esprits actuels, la cosmétologie est largement présente dans les traités de chirurgie à compter du XIIIème siècle. A l’époque, au contraire, ce point parait parfaitement normal. Avec le déclin de la médecine monastique courant XIIème et la montée en puissance des Universités (Bologne 1088 où un enseignement de médecine est créé a minima à partir de 1119 ; Paris 1200, avec une faculté de médecine dès 1231 créée par bulle du pape Grégoire IX ; Montpellier 1220, mais une école de médecine y existe depuis au moins 1137) la médecine a basculé dans le monde laïque. Le médecin devient un lettré, théoricien et spécialiste du diagnostic et du pronostic. Il se base sur ses connaissances livresques et sur les théories qui y sont exposées (notamment la théorie des humeurs) pour analyser la pathologie du patient et décider de la marche à suivre en vue de sa guérison. Le cas échéant, il prescrit les remèdes qui sont fabriqués par l’apothicaire. Il délègue totalement le travail lié au corps du patient au chirurgien sur le principe que « la tête pensante, c’est le médecin, la main c’est le chirurgien ».

La cosmétologie touchant au « soin » du corps, c’est tout naturellement qu’elle est traitée par le chirurgien. On trouve de fait des chapitres, dans des ouvrages de chirurgiens célèbres, touchant à la cosmétologie. Citons par exemple les ouvrages de Lanfranc de Milan (env. 1245-1306 ; exerce en France à partir de 1290), d’Henri de Mondeville (1260-1320 ; chirurgien du roi Philippe le Bel dès 1301), ou de Guy de Chauliac (1298-1368 ; au service des papes Clément VI, Innocent VI et Urbain V).

  • Les enseignements de cosmétologie médiévale : peau, poils, cheveux… et d’autres !

Les textes des ornati et des cyrurgiae montrent des préoccupations centrées essentiellement sur un petit nombre de sujets : l’aspect du visage, les cheveux, la pilosité.

Les canons de la beauté imposent de montrer une peau qui ne présente aucun hâle puisque ce dernier est la marque d’une vie laborieuse au grand air. Le visage doit avoir un teint sans rougeur (paupières notamment) d’où l’utilisation d’onguents blancs. Dans la même logique, la peau doit être dénuée de tâches de rousseur. Elle ne doit pas non plus porter d’irrégularités (dartres, boutons). La pilosité du visage est source de soins attentifs : les sourcils sont présents (des onguents permettent de les faire pousser au besoin) ; les cheveux doivent être fournis, longs, sans pellicules et les recettes visent à en contrôler la couleur en la rapprochant du blond (avec une préférence pour un blond tirant sur le safran ou un blond très clair) ou du noir. Les dents doivent être bien blanches. Enfin le poil doit être « maîtrisé » sur le corps et plusieurs recettes expliquent comment s’en débarrasser.

Toutes ces opération requièrent une pharmacopée tirée des trois règnes dont certains composants sont nettement toxiques : végétaux (froment, rose, noix de galle, brou de noix, cendres, noyaux…), animaux (oeufs, graisse, urine, parties ou produits animaux divers) et minéraux (blanc de céruse, alun, orpiment – sel d’arsenic -, chaux vive…).

D’autres sujets sont traités dans ces ouvrages de façon moins marquée, comme les problèmes d’odeur (bouche, nez). Surtout le sujet déborde vers des aspects plus « tendancieux » : il peut ainsi être aussi question de rendre fictivement une virginité à des femmes avant leur mariage au moyen d’artifices variés, l’essentiel étant que le rapport sexuel aboutisse à une production d’un peu de sang.

  • Des pratiques condamnées par l’Eglise

La position de l’Eglise vis à vis de la cosmétologie est très négative et les prédicateurs du Moyen Age n’ont de cesse de dénoncer les pratiques associées. Les exempla, ou récits moralisés, comme par exemple ceux rassemblés au sein de la Scala coeli (échelle du Ciel) de Jean Gobi le Jeune (env. 1300 – 1350?), présentent les arguments retenus contre l’embellissement artificiel. Dans une société où la beauté naturelle est vue comme un reflet d’une belle âme, les artifices des fards et onguents est vue comme un reflet des pratiques du démon qui sait se parer d’une belle apparence pour mieux tromper (les visages fardés sont d’ailleurs fréquemment dénoncés comme le « masque du diable »). Par ailleurs, la volonté d’améliorer son apparence dénote une préoccupation pour la chair aux dépends de l’âme. Cette pratique se rattachent au péché d’orgueil et est fréquemment dénoncé comme conduisant à un second pécher mortel : la luxure.

Devant cette position très tranchée de l’Eglise, les auteurs désirant consigner par écrit leur savoir se trouvent dans une situation inconfortable. Ils prennent de multiples précautions avant de livrer leurs recettes, à l’image par exemple des chirurgiens cités précédemment. Ces derniers utilisent plusieurs artifices : une condamnation des pratiques de cosmétologie en ouverture de leur propre texte sur ces techniques (Henri de Mondeville), ou bien une présentation des pratiques de cosmétologie par la négative en définissant le contenu du texte associé comme n’étant « ni des plaies, ni des ulcères, ni des maladies des os… » (Guy de Chauliac). Cette position rappelle d’ailleurs les artifices employés pour présenter des informations sur des plantes abortives sans expliquer leur réelle utilisation (on parle alors d’expulser des enfants morts avant la naissance).

  • Un sujet annexe : la parfumerie 

L’utilisation de parfum et substances odoriférantes est, au cours du Moyen Age et plus tardivement, associée à la pratique médicale. Se basant sur la théorie du miasme, énoncée par l’architecte latin Vitruve au premier siècle de notre ère, et admettant l’association mauvaise odeur = miasme, le port d’une substance odoriférante (aromate, parfum) est censé corriger l’air vicié ou chargé de miasme autour du porteur et le protéger (pommes de senteur ou pomme d’ambre). Pourtant, le bas Moyen Age voit se développer la confection de parfums composés, plus complexes que les simples eaux florales ou huiles parfumées. L’eau de la Reine de Hongrie, qui est assemblée dès 1370, marque le début de ces compositions. Elle est la première formule alcoolique d’Occident, avec une base de romarin et d’esprit de vin. A noter que cette eau est censée pouvoir également être consommée à but thérapeutique, pour soigner vapeurs, céphalées, maladie des nerfs, rhumatismes, problèmes digestifs… conservant au parfum un coté médical. Le succès de ce parfum suscitera d’autres compositions, telle que l’eau des Carmes réalisée par les religieuses de l’abbaye de Saint-Juste pour Charles V dès 1379. L’importance de ces compositions parfumées se renforcera encore à la Renaissance.

Quelques photos

L’animation était déployée dans l’enceinte principale du château, sur les pelouses en face du logis royal. Nous avions apporté le grand auvent pour les interventions sur cosmétologie, médecine, chirurgie et apothicairerie, le petit auvent pour les ateliers (fabrication de plusieurs recettes), la tente pour l’hygiène et le cuveau pour le bain.

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Le auvent nous a permis d’accueillir le public dans les meilleures conditions et de les mettre à l’abri du soleil qui a brillé sur ces mercredis de la Reine.

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Pour l’atelier, nous avions choisi, en plus des classiques recettes d’herbe à brûler, de dentifrice et de mélange d’encens, d’adapter une recette du Trotula minor et de proposer la fabrication d’un baume à lèvre. L’atelier n’a pas désempli avec des participants de tous les ages.

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La tente présentait quelques éléments d’hygiène quotidienne.

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Le cuveau pour le bain chauffait toute la journée pour une démonstration/séance d’explications en fin d’après midi.

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Quelques photos du auvent principal le matin avant ouverture des portes :

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Le auvent de l’atelier, là encore avant ouverture des portes :

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Dame Clotilde à la fraîche sous un arbre et en démonstration de l’utilisation d’une matula :

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Consultation des herbiers :

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Les tables de chirurgie et de médecine/apothicairerie.

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Hommage à Mélanie Defize

31 Mar 2016, Posté par scalpeletmatula.fr dans mémoire

C’est avec beaucoup de peine que nous avons appris le décès de Mélanie Defize (29 ans), suite aux attentats commis à Bruxelles le 22 mars dernier.

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 Mélanie avait suivi les cours du D.U. d’Histoire de la Médecine de l’Université Paris V Descartes où nous l’avions rencontrée en 2014. Son esprit curieux, son énergie et sa grande gentillesse lui avait gagné de nombreuses sympathies au sein des étudiants du D.U.. Elle avait un intérêt particulier pour la musicothérapie de par sa formation de musicologue et elle s’était très impliquée dans l’IHMCS pour lequel elle aurait souhaité présenter un projet précisément sur la place de la musique dans les soins.

L’Université Paris Descartes lui a rendu hommage et les étudiants du D.U. auront une pensée pour elle lors des prochains enseignements.

Nous gardons avec nous l’image de sa gentillesse et de son ouverture d’esprit que nous aurons soin de cultiver afin que nul fanatisme ne sache jamais l’éteindre.

Un retour sur le salon Fous d’histoire qui s’est tenu en même temps que le marché de l’histoire au Hall Saint Martin de Pontoise.

Scalpel et Matula avait un stand illustrant l’évolution de la médecine et chirurgie à travers les ages.

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Pour la chirurgie et médecine médiévale, nous présentions une partie de notre collection de reproduction d’instruments comprenant scalpels, cautères, couteaux et scie d’amputation, ostéotomes… Egalement sur le stand, quelques uns de nos facsimile (tacuinum sanitatis, tractatus de herbis, chirurgie de Brunschwig et de Gersdorff), du matériel d’hygiène, ainsi qu’un petit échantillon de notre collection de poteries médicinales : albarello, chevrette, pot canon, bouteille à sirop… Le tout sous le regard de nos saints patrons : Saint Côme et Saint Damien.

Le pendant 14-18 de la chirurgie et médecine médiévale occupait une autre partie de notre stand avec présentation de matériel essentiellement original de la Grande Guerre : panier à pansements, malle de médecin, casque Adrian du service de santé, modèles de pansement individuels des différents belligérants, quelques agents vulnérants – des plus classiques (schrapnels) à des objets plus insolites (fléchettes d’aviation) -, protection contre les gazs  (ARS 17)… le tout présenté sur un brancard modèle Franck sur un support type Dujardin, Beaumetz & Strauss ayant récemment intégré notre présentation.

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Le salon a été l’occasion d’échanger avec de nombreux visiteurs, tant sur la première guerre mondiale que sur la médecine médiévale. Si nous avons plusieurs fois signalé deux expositions au musée Notre Dame à la Rose (d’Ambroise Paré à Louis Pasteur) et au Musée du Service de Santé aux Armées du Val de Grâce (une armée qui soigne – exposition prolongée) dont nous avions mis en place les affiches respectives sur le stand, nous avons reçu également beaucoup de suggestions de visite et de contacts ainsi que des informations diverses, notamment sur la Grande Guerre et le Service de Santé.

Le salon a été également l’occasion de croiser de nombreux amis en animation historique comme par exemple Machina Silente

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… ou Jean Yves Dottin d’Arthus Spectacles.

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Le vendredi, le salon a été propice aux discussions entre les exposants puisque l’état d’urgence mis en place suite aux tragiques événements du 13 novembre n’a malheureusement pas permis que les scolaires qui visitent traditionnellement Fous d’Histoire le vendredi puissent se rendre au Hall Saint Martin. Que ce soit au salon ou lors de nos interventions dans les écoles, les élèves font pourtant preuve de beaucoup de curiosité et posent des questions parfois inattendues mais manifestant toujours un intérêt très vif pour l’évolution du domaine de la santé, depuis la médecine médiévale et antique, jusqu’au début du 20ième siècle.

Dans l’ensemble l’édition 2015 a quand même connu une grosse fréquentation avec des fins de journées parfois…  difficiles.

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Rendez vous à l’année prochaine, mais plus à Pontoise puisque Fous d’Histoire déménage, probablement à Compiègne.

Fous d’histoire 2015

19 Nov 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans évènements

Scalpel et Matula sera présent à partir de demain 20 novembre jusqu’à dimanche 22 novembre au salon fous d’histoire qui se déroulera en parallèle du marché de l’histoire (samedi et dimanche).

Malgré les très graves événements qui ont endeuillé notre pays ces derniers jours, et qui ont amené à mettre en place l’état d’urgence sur le territoire, la manifestation a pu être maintenue. Elle se déroulera au hall Saint Martin de Pontoise que vous pouvez rejoindre facilement en voiture ou en transports en commun.

L’année dernière Scalpel et Matula avait reçu le grand coup de coeur de Fous d’histoire dans la catégorie Artisanat et démonstration.

Cette année, nous avons opté pour une présentation multi-époques avec une démonstration sur notre stand chaque jour pendant une heure à partir de 14 heures :

– vendredi 20 : le service de santé aux armées pendant la grande guerre

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– samedi 21 : dans la lignée de la présentation réalisée cette année au musée Notre Dame à la Rose pour l’exposition « d’Ambroise Paré à Louis Pasteur« , nous aborderons le thème des évolutions de la médecine et de l’hygiène entre renaissance et age industriel

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– dimanche 22 : nous parlerons de médecine chirurgie et apothicairerie au moyen age, dans la lignée de la conférence faite à l’occasion de l’édition de Dinan du festival fous d’histoire en octobre dernier.

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La grande guerre : les blessés psychiques

12 Nov 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans évènements

Le 11 novembre 1918 à 11h00, le cessez le feu est ordonné sur tout le front, mettant un terme à la première guerre moderne à l’échelle mondiale. Pendant un peu plus de 4 ans, les soldats engagés sur tous les fronts – mais aussi certains civils – ont vécu l’enfer d’une guerre industrielle utilisant massivement une artillerie variée – tant du point de vue des pièces utilisées que des munitions -, des mitrailleuses en grand nombre, des nouvelles armes terrifiantes tels que les gaz, les lances flammes ou les chars d’assaut.

Des blessés psychiques laissés pour compte

Au cours du conflit qui se termine, la France à elle seule a mobilisé 7,8 millions de combattants dont presque 20% (1,39 millions – soit pratiquement 1 soldat sur 5) ont perdu la vie. Toujours pour la France, on dénombre 3 millions de blessés et 740 000 mutilés physiques dont 100 000 sont de grands invalides (taux d’invalidité de plus de 85%)… Le nombre des « blessés psychiques » (le vocable n’apparait dans les textes officiels français qu’en 1992 !) reste quant à lui indéterminé. Les pathologies associées ont totalement pris par surprise le corps médical et le soupçon de simulation (simulateurs conscients, simulateurs inconscients, exagérateurs, persévérateurs…) a pesé lourd sur la prise en charge de ces blessé durant le conflit. Mal pris en compte au début de la guerre, jugés difficiles à diagnostiquer et considérés par défaut comme des pathologies simulées, les soldats souffrant de blessures psychiques ne sont pas officiellement dénombrés. Le même esprit guide le législateur à l’issue du conflit. Le nouveau code de pension mis en place en mars 1919 demeure dans la lignée de préconisations « dures » émises dès 1916 par la Société Neurologique de Paris, sous l’influence de grands spécialistes de la neurologie tels que Joseph Babinski : pas de pensionnement pour les blessés psychiques en dehors des internés en asile d’aliénés (et encore, sans la gratuité des soins). Les soldats traumatisés sont donc rendus au monde civil où ils vivent une existence misérable (on utilise communément à cette époque le terme de « morts vivants » pour les désigner) soit à l’asile, soit dans les centres de rééducation des blessés neurologiques, soit encore dans des familles pour lesquelles ils constituent une charge financière et nullement un motif de gloire.

Des pathologies déroutantes

Dès le début du conflit, la violence des combats a fait apparaître des pathologies inhabituelles chez certains combattants. Initialement non détectées comme des atteintes psychiques réelles, bon nombre des soldats qui en sont affligés passent directement devant le conseil de guerre et sont fusillés, en général pour « abandon de poste devant l’ennemi ». Ces procès rapides sont autant le fait d’une méconnaissance des pathologies nouvelles que celui de l’organisation de la justice militaire, qui, dès septembre 1914 permet la tenue de conseils de guerre spéciaux pouvant statuer rapidement sur le cas des soldats, sans droit d’appel et sans grâce possible. Bon nombre de ces blessés psychiques fusillés de la première heure feront l’objet, parfois avant même la fin de la guerre, de procédures en réhabilitation. Les modifications dans l’organisation de la justice militaire introduiront petit à petit, à partir de 1915, le recours à une expertise médicale afin d’apporter un avis sur l’état psychique des soldats susceptibles de passer en jugement.

C’est que le corps médical a identifié des symptômes divers semblant relever d’atteintes psychiques mais sans atteinte physique apparente, ce qui les rend d’autant plus suspects aux yeux des praticiens et des militaires. Les symptômes sont nombreux : désorientation, aphasie, contractures, tics, marche sautillante, camptocormie (impossibilité de se redresser, le malade étant en permanence à l’état de veille plié en deux vers l’avant – cette pathologie assez fréquente est typique des psychonévroses de la Grande Guerre), etc… Le problème touche tous les belligérants : à l’obusite française correspondent par exemple le shell shock anglais et le granat neurose allemand. La diversité des cas déroute les spécialistes qui tentent dans un premier temps de trouver des explications à la survenue de ces symptômes. Plusieurs écoles s’affrontent et les hypothèses fusent : commotion par dommages internes subits par les victimes non visibles mais ayant un effet sur le psychisme des victimes ; prédispositions héréditaires (tares) révélées par la vie quotidienne sur le champ de bataille, éventuellement aggravées d’alcoolisme ; émotion-choc devant un spectacle insoutenable ; auto-suggestion proche de l’hystérie (théorie du pithiatisme). Reste que quelle que soit la théorie explicative, la suspicion de simulation est omni-présente vis à vis des soldats victimes de ces troubles.

Des traitements tâtonnants

Du fait de cette suspicion d’une part de responsabilité consciente ou inconsciente de la victime, le traitement des blessés psychiques hésite entre soins et répression. Le pithiatisme semblant une explication sinon la meilleure, du moins la moins mauvaise, les traitements des malades s’inspirent dans de nombreux cas de méthodes utilisées dans le cas de l’hystérie. Les malades sont en général isolés car on craint une « contagion » à d’autres soldats. Le traitement par l’électricité en particulier est testé par le médecin major Clovis Vincent au centre neurologique de Tours à partir de 1915. La technique de « psychothérapie électrique persuasive » utilisée par C. Vincent est extrèmement violente pour le patient. Utilisant des chocs électriques en courant continu d’ampérage assez élevé, il est décrit comme très douloureux, ce que son inventeur ne nie pas puisqu’il pense que la douleur a une composante rédemptrice pour des malades qui peuvent ainsi expier consciemment ou inconsciemment ce que le docteur considère comme leur « couardise ». Le procédé reçoit rapidement le surnom de « torpillage » de la part des soldats qui y sont soumis, en comparaison avec la violence des explosions des projectiles d’artillerie de tranchée (torpilles). Ce procédé gagne les faveurs de l’armée, dans la mesure où il permet de « guérir » rapidement, avec un taux de réussite important, les malades, et donc de les renvoyer dans leurs unités respectives sans délai. Suite à un incident survenu avec un malade récalcitrant, un zouave nommé Deschamps, qui voit la séance de torpillage se muer en match de boxe entre malade et soignant, le procédé est dénoncé dans la presse du pays et décrié publiquement comme une torture inutile infligée à de braves soldats. Le centre de Tours ferme fin 1916 mais le procédé est repris à partir de début 1917 sous une forme beaucoup moins douloureuse au centre de Salins les Bains par le docteur Gustave Roussy.

Reste que les centres de soin ne permettront pas, au final, de guérir tous les psychonévrosés de guerre. Pour beaucoup d’entre eux, la Grande Guerre se poursuivra bien au delà du 11 novembre 1918.

Pour approfondir

Quelques livres et un film pour approfondir/illustrer le sujet des psychonévroses de la Grande Guerre.

La folie au front de L. Tatu et J. Bogousslavsky (Imago)

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Les soldats de la honte de J.Y. Le Naour (Perrin)

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Les blessés psychiques de la grande guerre de L. Crocq (Odile Jacob)

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Les fragments d’Antonin de G. Le Bomin

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Remise des diplômes du DU d’Histoire de la Médecine

22 Oct 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans évènements

Le 3 octobre dernier a eu lieu la remise des diplômes pour les étudiants reçus au D.U. d’histoire de la médecine délivré par l’université Paris V Descartes. Jocelyne Warnesson a été reçue sur la base d’un travail intitulé « techniques chirurgicales en France du 13ème au 17ème siècle à travers quatre chirurgiens illustres en leurs temps et trois interventions classiques« . La cérémonie a été l’occasion d’échanger entre les étudiants de la promotion 2014 et 2015. Les meilleurs mémoires du D.U. devraient être mis en ligne sous peu sur le site de l’Institut d’Histoire de la médecine, chirurgie et santé, sur avis des professeurs Fabiani et Berche, co-directeurs des enseignements.

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Les Virades de l’espoir 2015

08 Oct 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans animation

Petit retour sur les Virades de l’Espoir de la vallée de Chevreuse qui se sont déroulées le 17 septembre dernier avec une partie de la virade qui se déroulait dans le cadre du château de la Madeleine à Chevreuse (78).

Le grand soleil a permis à des visiteurs toujours nombreux de venir s’informer et soutenir la recherche contre la mucoviscidose tout en ayant l’occasion de participer aux nombreuses activités proposées. Au menu de la partie médiévale de cet événement : baptêmes d’équitation et spectacles équestres, combats de chevaliers (compagnie des Fer Vêtus), jeux et alimentation médiévale (Marchands d’oublis), contes (Myrrdhin) et médecine et chirurgie de guerre au moyen age, avec un atelier de préparation de dentifrice médiéval pour les plus jeunes (Scalpel et Matula).

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Rendez-vous en 2016 pour la prochaine Virade au château.

 

L’histoire au quotidien – la Révolution

08 Oct 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans tournage

Scalpel et Matula a participé au tournage d’un nouvel opus de la série l’Histoire au quotidien avec Mac Lesggy et Marjolaine Boutet consacré à la période de la Révolution française. Cette émission sera projetée le 26 octobre prochain sur M6.

Histoireauquotidien_larevolution

Nous avons en particulier évoqué l’utilisation des ventouses à fin thérapeutique, telles qu’utilisées à la fin du 18ième siècle : ventouses scarifiées en complément local des saignées et ventouses « sèches » à but de décongestion humorale locale.

Le tournage a réuni historiens, reconstitueurs et passionnés d’histoire parmi lesquels Alain Nice et les membres de Carmagnole Liberté (avec le célèbre fabriquant et marchand d’estampes « Basset »), Marie de Rasse, Guillaume Levillain de Burgundia 1415, Antoine Leduc et les musiciens de l’Illustre Compagnie.

Nous espérons que le public prendra autant de plaisir à regarder cette émission que nous avons eu à y participer.