Scalpel et Matula | Actualité et réflexions
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Scalpel et Matula

 

Médecine 18ème – Notre Dame à la Rose

29 Sep 2017, Posté par scalpeletmatula.fr dans animation

L’animation du 25-26-27 août.

Si nous avons une tendresse particulière pour Notre Dame à la Rose de Lessines, c’est parce que le lieu est magique et que l’on nous laisse mettre en place des créations originales.

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Cette année nous sommes venus tout droit du 18ème siècle. Nos personnages : une dame charitable, experte en maladies des femmes et accouchements, une préparatrice de poudre parfumée et colorée, de baume à lèvres  etc.. et enfin un pharmacien connaissant les recettes et les contenants pharmaceutiques.

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Nous avons exposé de nouveaux pots à pharmacie, des faïences à petits ou grand feu (« on dit des vaisseaux ! », clame le pharmacien), des étains et bien d’autres pièces.

Le jardin sur lequel donne notre installation invite au calme mais aussi à l’étude. De fait Gabrielle de Warne décrit les progrès en matière d’obstétrique, passant du docteur Mauriceau (1637-1709) à madame du Coudray (1712-1790) sans oublier les Chamberlen (1570 / Pierre l’ancien – 1728 / Hugues le jeune).

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Le maître pharmacien présente l’évolution de la thérapeutique, avec la remise en cause du modèle des humeurs d’Hippocrate (env. -460 – env. -370), en partie liée au développement de l’aérisme. A travers les travaux et pharmacopées de Lemery (1645-1715) et de Charas (1619-1698) et les préparateurs des jardins du Roy, il évoque la montée de la chimie, amorcée dès le 17ème siècle, dans la préparation des remèdes. Il parle également des premiers travaux en vue de la purification des principes actifs des plantes (quinquina, saule blanc, noix vomique…). Il parle aussi des efforts faits pour lutter plus efficacement contre les épidémies (variolisation, mise en place de réseau de surveillance, contagion contre infection)…

Le public a été attentif et réceptif à notre discours, un bonheur !

A l’étage, damoiselle Rose explique les poudres et les fards que l’on utilise à cette époque. Elle raconte les parfums et les perruques, les langages des éventails et des mouches. Elle invite le public à fabriquer quelques poudres, baumes ou mélanges.  Les participants repartent avec le produit de leur  réalisation.

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Au delà de l’aspect exceptionnel du lieu et des collections qui y sont présentées, réaliser une animation au sein de l’hôpital Notre dame à la Rose est une expérience unique, tant de par l’attention du public, ouvert et à l’écoute, que de par l’équipe du musée, professionnelle et très chaleureuse.

Quelques photos pèle mèle

Le jardin du musée

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Scalpel et Matula

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Quelques photos de notre passage de novembre 2016 à la commanderie Saint Jean de Corbeil-Essones. Cette intervention se déroulait dans le cadre des animation intitulées « Mémoire d’une ville au cœur de la Grande Guerre« .

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Logo des animations de Corbeil

 La commanderie accueillait une exposition « De l’arrrière au front, Corbeil-Essonnes dans la grande guerre » réalisée en collaboration  avec l’association des Crapouillots du Bois des Chênes qui présentait une partie de leur collection. Nous avons installé notre stand à l’entrée de l’exposition et nous avons guidé les visiteurs à travers une découverte du service de santé aux armées durant la première guerre mondiale.

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Une vue d’ensemble de notre stand

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Le front, le ramassage, le triage et l’évacuation

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Chirurgie et traitement dans les ambulances et hôpitaux

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Le mur de photos : illustrer les conditions, le matériel et les équipes du service de santé

Lancette d’Ambroise Paré

13 Août 2017, Posté par scalpeletmatula.fr dans matériel

Au cours de l’animation que nous avions réalisé au musée de l’hôpital Notre Dame à la Rose à Lessines, à l’occasion de l’exposition « d’Ambroise Paré à Louis Pasteur », une pièce de reconstitution avait attiré notre attention. Il s’agissait d’un couteau d’amputation d’un modèle en « S » typique, à lame fixe, se rattachant à la tradition médiévale des couteaux d’amputation courbes (censés faciliter l’opération de section des chairs avant sciage de l’os).

Une recherche dans le facsimile des œuvres complètes du célèbre chirurgien nous a permis de découvrir l’application du même modèle, à une échelle plus réduite, pour la création d’une lancette (l’auteur parle de « Biftorie ») pliable (au contraire du couteau d’amputation), destiné à permettre l’opération de phlegmons situés dans l’arrière gorge du patient. Comme à son habitude, Paré décrit parfaitement le mode opératoire : ouverture de la bouche du patient avec un speculum oral, introduction de la lame dans la bouche et incision avec le bout de la lancette. La forme de l’instrument est effectivement bien adapté à passer au dessus du dos de la langue afin d’atteindre l’arrière gorge.

Original

Texte et dessin de l’ouvrage d’Ambroise Paré

Afin de reconstituer cet instrument, nous avons fait appel au savoir faire et aux connaissances historiques de deux « pointures » de l’artisanat de reconstitution historique : Alex Dubois (coutellerie nuage) pour la reconstitution du manche, et Gaël Fabre, forgeron qui avait déjà réalisé pour nous des copies de couteaux d’amputation, d’après des calques d’originaux appartenant aux collections du musée de la médecine de Paris.

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Alex et Gaël au Marché de l’histoire de Compiègne en 2017

Le problème de la reconstitution d’une pièce à partir d’un ouvrage ne précisant pas la dimension de l’objet, ou ne le représentant pas en utilisation, est le manque d’échelle. En l’absence d’élément de comparaison par exemple une partie du corps humain, la reconstitution se base sur l’utilisation envisagée et sur le principe de l’adaptation de l’outil à la main du praticien. A l’époque de fabrication de la lancette originale d’Ambroise Paré, il n’existe pas encore de production en série des instruments. Celle-ci ne prendra véritablement son essor qu’au 19ème siècle avec de grandes maisons comme Charrière (voir par exemple l’article de Jean-Philippe Bucas dans le numéro de septembre 2014 de Clystère). De fait la dimension de la lancette est calculée pour tenir confortablement dans la main de Dame Clotilde.

Pour le choix des matières, nous avons opté pour le manche pour de l’ivoire (de mammouth), matériau communément utilisé pour des instruments de chirurgie, et cohérent avec la finesse de gravure attendue. Alex Dubois s’est chargé de cette partie du projet, réalisant une première pièce avec un manche fabriqué en plusieurs plaquettes rivetées, puis une seconde pièce avec un manche plein. Cette deuxième solution nous a paru plus en adéquation avec l’utilisation de l’instrument et des exemples d’autres instruments apparentés visibles en collection. Pour la lame, Gaël Fabre a proposé un acier feuilleté, technique communément utilise à l’époque afin d’obtenir des lames résistantes et conservant un bon tranchant à l’usage.

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A gauche, prototype avec plaquettes assemblées, à droite version à manche plein

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Lancette finale. L’instrument est parfaitement adapté à la main du praticien pour lequel il a été conçu.

Un grand merci à Alex et Gaël pour leur implication dans ce projet qui a abouti à une magnifique reconstitution de la lancette d’Ambroise Paré. Il vient enrichir notre collection multi-époques d’instruments de médecine et chirurgie.