Scalpel et Matula | évènements Archives - Scalpel et Matula
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Fous d’histoire – Dinan 2017 : quelques photos

02 Nov 2017, Posté par scalpeletmatula.fr dans évènements

 Le salon Fous d’Histoire Dinan 2017

Comme nous l’avions annoncé dans notre précédent blog, Scalpel et Matula était présent les 21 et 22 octobre dernier pour la troisième édition du salon Fous d’Histoire Dinan 2017 au centre des congrès.

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Bien que le salon ait regroupé un peu moins d’exposants que l’année précédente (il y en avait quand même 70 cette année), il a été l’occasion de belles rencontres. Les stands des groupes d’animation emplissaient les deux halls du centre, quant aux exposants, ils avaient envahis les pelouses à l’extérieur.

Beaucoup de choses à voir, sentir, écouter, toucher, goûter… malgré un temps assez mitigé, vent et pluie entrecoupées d’un peu de ciel bleu, qui n’a quand même pas découragé le public.

Parmi les artisans/exposants nous avons retrouvé l’atelier de poteries idées-o-grams, celui de tourneur sur bois de tours en détours, l’étal gourmand du soleil de Brocéliande

Notre intervention : médecins, chirurgiens et apothicaires

La conférence sur les relations, à travers l’histoire, entre médecins et les autres professionnels de santé, s’est tenue le dimanche de 16h00 à 17h00. Elle a clos un cycle de communications qui s’est étalé sur les deux jours du salon.

 La conférence a été l’occasion de balayer une large période de l’histoire, de l’Antiquité grecque jusqu’à nos jours. Le modèle initial est celui du « médecin polyvalent », pour lequel médecine, chirurgie et apothicairerie ne sont que les 3 facettes d’un art unique, destiné à préserver la santé ou à guérir le cas échéant. Ce modèle change radicalement au XIIIème siècle avec l’apparition du médecin savant, « praticien théoricien », qui estime être le seul à même de « gouverner » à l’art de la santé. Ce nouveau modèle est la conséquence de la naissance des Universités, lorsque le savoir médical migre de la sphère de l’Eglise vers celui du monde laïc.

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Le médecin « praticien théoricien »

Le médecin est un homme détenteur du savoir livresque. Les modèles que sont Hippocrate, Galien ou Avicenne sont typiquement représentés munis d’un livre dans cette gravure du début XVème.

Du coté des pharmaciens, le médecin tire parti de l’assimilation entre apothicaires (profession modelée et assimilée du monde arabe où elle apparaît au VIIIème siècle) et épiciers, ce qui lui permet de présenter les apothicaires comme de simples boutiquiers, souvent taxés de malhonnêteté. Coté chirurgiens, le médecin joue de l’antagonisme avec les barbiers,  non savants puisque ne sachant pas le latin et le grec, pour décrédibiliser le chirurgien considéré alors comme un simple « travailleur manuel ».

Par le truchement de ces deux « manipulations », le médecin impose la vision d’une organisation pyramidale dont il constitue la tête pensante, le chirurgien étant la main et l’apothicaire le préparateur. Tous deux sont donc de simples exécutants.

Nous avons retracé l’évolution de ce statu quo, à la Renaissance, puis au Grand Siècle et au Siècle des lumières.  Cette période est caractérisée par un affaiblissement progressif des thèses galéniques chères aux médecins (surtout parisiens), face aux divers progrès des sciences médicales pures (anatomie et physiologie notamment), au développement de nouvelles théories (iatrochimie) et aux multiples développements de courants de pensée scientifique (aérisme, pré hygiénisme) finalement repris par le pouvoir.

Lorsque la Révolution éclate, l’évolution des mentalités est entamée, et c’est presque naturellement qu’après le grand « cafouillage » des années 1790, le Consulat remet de l’ordre, établissant des relations, sur un pied d’égalité, entre médecins, chirurgiens et apothicaires (à présent pharmaciens), à travers la création de structures d’enseignement spécialisées.

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Antoine-François Fourcroy (1755-1809)

A.F. Fourcroy est un intervenant majeur dans la réorganisation du système éducatif français, en particulier dans les lois du 11 floréal an X, 19 ventôse et 21 germinal an XI qui mettent en place les écoles de médecine et de pharmacie à Paris, Montpellier et Strasbourg.

Quelques photos

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Le stand de Scalpel et Matula.

Nous avions choisi de mélanger les époques, notamment pour les faïences de grand feu qui présentaient des reproductions de vaisseaux du XIV au XVIIIème.

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Rencontres au fil du salon

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Les allées du salon, intérieur et extérieur

Un retour sur le salon Fous d’histoire qui s’est tenu en même temps que le marché de l’histoire au Hall Saint Martin de Pontoise.

Scalpel et Matula avait un stand illustrant l’évolution de la médecine et chirurgie à travers les ages.

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Pour la chirurgie et médecine médiévale, nous présentions une partie de notre collection de reproduction d’instruments comprenant scalpels, cautères, couteaux et scie d’amputation, ostéotomes… Egalement sur le stand, quelques uns de nos facsimile (tacuinum sanitatis, tractatus de herbis, chirurgie de Brunschwig et de Gersdorff), du matériel d’hygiène, ainsi qu’un petit échantillon de notre collection de poteries médicinales : albarello, chevrette, pot canon, bouteille à sirop… Le tout sous le regard de nos saints patrons : Saint Côme et Saint Damien.

Le pendant 14-18 de la chirurgie et médecine médiévale occupait une autre partie de notre stand avec présentation de matériel essentiellement original de la Grande Guerre : panier à pansements, malle de médecin, casque Adrian du service de santé, modèles de pansement individuels des différents belligérants, quelques agents vulnérants – des plus classiques (schrapnels) à des objets plus insolites (fléchettes d’aviation) -, protection contre les gazs  (ARS 17)… le tout présenté sur un brancard modèle Franck sur un support type Dujardin, Beaumetz & Strauss ayant récemment intégré notre présentation.

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Le salon a été l’occasion d’échanger avec de nombreux visiteurs, tant sur la première guerre mondiale que sur la médecine médiévale. Si nous avons plusieurs fois signalé deux expositions au musée Notre Dame à la Rose (d’Ambroise Paré à Louis Pasteur) et au Musée du Service de Santé aux Armées du Val de Grâce (une armée qui soigne – exposition prolongée) dont nous avions mis en place les affiches respectives sur le stand, nous avons reçu également beaucoup de suggestions de visite et de contacts ainsi que des informations diverses, notamment sur la Grande Guerre et le Service de Santé.

Le salon a été également l’occasion de croiser de nombreux amis en animation historique comme par exemple Machina Silente

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… ou Jean Yves Dottin d’Arthus Spectacles.

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Le vendredi, le salon a été propice aux discussions entre les exposants puisque l’état d’urgence mis en place suite aux tragiques événements du 13 novembre n’a malheureusement pas permis que les scolaires qui visitent traditionnellement Fous d’Histoire le vendredi puissent se rendre au Hall Saint Martin. Que ce soit au salon ou lors de nos interventions dans les écoles, les élèves font pourtant preuve de beaucoup de curiosité et posent des questions parfois inattendues mais manifestant toujours un intérêt très vif pour l’évolution du domaine de la santé, depuis la médecine médiévale et antique, jusqu’au début du 20ième siècle.

Dans l’ensemble l’édition 2015 a quand même connu une grosse fréquentation avec des fins de journées parfois…  difficiles.

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Rendez vous à l’année prochaine, mais plus à Pontoise puisque Fous d’Histoire déménage, probablement à Compiègne.

Fous d’histoire 2015

19 Nov 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans évènements

Scalpel et Matula sera présent à partir de demain 20 novembre jusqu’à dimanche 22 novembre au salon fous d’histoire qui se déroulera en parallèle du marché de l’histoire (samedi et dimanche).

Malgré les très graves événements qui ont endeuillé notre pays ces derniers jours, et qui ont amené à mettre en place l’état d’urgence sur le territoire, la manifestation a pu être maintenue. Elle se déroulera au hall Saint Martin de Pontoise que vous pouvez rejoindre facilement en voiture ou en transports en commun.

L’année dernière Scalpel et Matula avait reçu le grand coup de coeur de Fous d’histoire dans la catégorie Artisanat et démonstration.

Cette année, nous avons opté pour une présentation multi-époques avec une démonstration sur notre stand chaque jour pendant une heure à partir de 14 heures :

– vendredi 20 : le service de santé aux armées pendant la grande guerre

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– samedi 21 : dans la lignée de la présentation réalisée cette année au musée Notre Dame à la Rose pour l’exposition « d’Ambroise Paré à Louis Pasteur« , nous aborderons le thème des évolutions de la médecine et de l’hygiène entre renaissance et age industriel

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– dimanche 22 : nous parlerons de médecine chirurgie et apothicairerie au moyen age, dans la lignée de la conférence faite à l’occasion de l’édition de Dinan du festival fous d’histoire en octobre dernier.

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La grande guerre : les blessés psychiques

12 Nov 2015, Posté par scalpeletmatula.fr dans évènements

Le 11 novembre 1918 à 11h00, le cessez le feu est ordonné sur tout le front, mettant un terme à la première guerre moderne à l’échelle mondiale. Pendant un peu plus de 4 ans, les soldats engagés sur tous les fronts – mais aussi certains civils – ont vécu l’enfer d’une guerre industrielle utilisant massivement une artillerie variée – tant du point de vue des pièces utilisées que des munitions -, des mitrailleuses en grand nombre, des nouvelles armes terrifiantes tels que les gaz, les lances flammes ou les chars d’assaut.

Des blessés psychiques laissés pour compte

Au cours du conflit qui se termine, la France à elle seule a mobilisé 7,8 millions de combattants dont presque 20% (1,39 millions – soit pratiquement 1 soldat sur 5) ont perdu la vie. Toujours pour la France, on dénombre 3 millions de blessés et 740 000 mutilés physiques dont 100 000 sont de grands invalides (taux d’invalidité de plus de 85%)… Le nombre des « blessés psychiques » (le vocable n’apparait dans les textes officiels français qu’en 1992 !) reste quant à lui indéterminé. Les pathologies associées ont totalement pris par surprise le corps médical et le soupçon de simulation (simulateurs conscients, simulateurs inconscients, exagérateurs, persévérateurs…) a pesé lourd sur la prise en charge de ces blessé durant le conflit. Mal pris en compte au début de la guerre, jugés difficiles à diagnostiquer et considérés par défaut comme des pathologies simulées, les soldats souffrant de blessures psychiques ne sont pas officiellement dénombrés. Le même esprit guide le législateur à l’issue du conflit. Le nouveau code de pension mis en place en mars 1919 demeure dans la lignée de préconisations « dures » émises dès 1916 par la Société Neurologique de Paris, sous l’influence de grands spécialistes de la neurologie tels que Joseph Babinski : pas de pensionnement pour les blessés psychiques en dehors des internés en asile d’aliénés (et encore, sans la gratuité des soins). Les soldats traumatisés sont donc rendus au monde civil où ils vivent une existence misérable (on utilise communément à cette époque le terme de « morts vivants » pour les désigner) soit à l’asile, soit dans les centres de rééducation des blessés neurologiques, soit encore dans des familles pour lesquelles ils constituent une charge financière et nullement un motif de gloire.

Des pathologies déroutantes

Dès le début du conflit, la violence des combats a fait apparaître des pathologies inhabituelles chez certains combattants. Initialement non détectées comme des atteintes psychiques réelles, bon nombre des soldats qui en sont affligés passent directement devant le conseil de guerre et sont fusillés, en général pour « abandon de poste devant l’ennemi ». Ces procès rapides sont autant le fait d’une méconnaissance des pathologies nouvelles que celui de l’organisation de la justice militaire, qui, dès septembre 1914 permet la tenue de conseils de guerre spéciaux pouvant statuer rapidement sur le cas des soldats, sans droit d’appel et sans grâce possible. Bon nombre de ces blessés psychiques fusillés de la première heure feront l’objet, parfois avant même la fin de la guerre, de procédures en réhabilitation. Les modifications dans l’organisation de la justice militaire introduiront petit à petit, à partir de 1915, le recours à une expertise médicale afin d’apporter un avis sur l’état psychique des soldats susceptibles de passer en jugement.

C’est que le corps médical a identifié des symptômes divers semblant relever d’atteintes psychiques mais sans atteinte physique apparente, ce qui les rend d’autant plus suspects aux yeux des praticiens et des militaires. Les symptômes sont nombreux : désorientation, aphasie, contractures, tics, marche sautillante, camptocormie (impossibilité de se redresser, le malade étant en permanence à l’état de veille plié en deux vers l’avant – cette pathologie assez fréquente est typique des psychonévroses de la Grande Guerre), etc… Le problème touche tous les belligérants : à l’obusite française correspondent par exemple le shell shock anglais et le granat neurose allemand. La diversité des cas déroute les spécialistes qui tentent dans un premier temps de trouver des explications à la survenue de ces symptômes. Plusieurs écoles s’affrontent et les hypothèses fusent : commotion par dommages internes subits par les victimes non visibles mais ayant un effet sur le psychisme des victimes ; prédispositions héréditaires (tares) révélées par la vie quotidienne sur le champ de bataille, éventuellement aggravées d’alcoolisme ; émotion-choc devant un spectacle insoutenable ; auto-suggestion proche de l’hystérie (théorie du pithiatisme). Reste que quelle que soit la théorie explicative, la suspicion de simulation est omni-présente vis à vis des soldats victimes de ces troubles.

Des traitements tâtonnants

Du fait de cette suspicion d’une part de responsabilité consciente ou inconsciente de la victime, le traitement des blessés psychiques hésite entre soins et répression. Le pithiatisme semblant une explication sinon la meilleure, du moins la moins mauvaise, les traitements des malades s’inspirent dans de nombreux cas de méthodes utilisées dans le cas de l’hystérie. Les malades sont en général isolés car on craint une « contagion » à d’autres soldats. Le traitement par l’électricité en particulier est testé par le médecin major Clovis Vincent au centre neurologique de Tours à partir de 1915. La technique de « psychothérapie électrique persuasive » utilisée par C. Vincent est extrèmement violente pour le patient. Utilisant des chocs électriques en courant continu d’ampérage assez élevé, il est décrit comme très douloureux, ce que son inventeur ne nie pas puisqu’il pense que la douleur a une composante rédemptrice pour des malades qui peuvent ainsi expier consciemment ou inconsciemment ce que le docteur considère comme leur « couardise ». Le procédé reçoit rapidement le surnom de « torpillage » de la part des soldats qui y sont soumis, en comparaison avec la violence des explosions des projectiles d’artillerie de tranchée (torpilles). Ce procédé gagne les faveurs de l’armée, dans la mesure où il permet de « guérir » rapidement, avec un taux de réussite important, les malades, et donc de les renvoyer dans leurs unités respectives sans délai. Suite à un incident survenu avec un malade récalcitrant, un zouave nommé Deschamps, qui voit la séance de torpillage se muer en match de boxe entre malade et soignant, le procédé est dénoncé dans la presse du pays et décrié publiquement comme une torture inutile infligée à de braves soldats. Le centre de Tours ferme fin 1916 mais le procédé est repris à partir de début 1917 sous une forme beaucoup moins douloureuse au centre de Salins les Bains par le docteur Gustave Roussy.

Reste que les centres de soin ne permettront pas, au final, de guérir tous les psychonévrosés de guerre. Pour beaucoup d’entre eux, la Grande Guerre se poursuivra bien au delà du 11 novembre 1918.

Pour approfondir

Quelques livres et un film pour approfondir/illustrer le sujet des psychonévroses de la Grande Guerre.

La folie au front de L. Tatu et J. Bogousslavsky (Imago)

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Les soldats de la honte de J.Y. Le Naour (Perrin)

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Les blessés psychiques de la grande guerre de L. Crocq (Odile Jacob)

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Les fragments d’Antonin de G. Le Bomin

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